Texte Libre

Vendredi 3 septembre 2010 5 03 /09 /Sep /2010 00:25

[30.08.2010]

 

Assemble dont les heures, toi qui crois la venue certaine du matin.

Fais dont choir le bras de la frêle écorce, et marche au-devant de tous ces forcenés. Ceux qui jamais ne sont au rythme de la corde à pendus.

Elle se balance, à deux temps qui en paraissent sept. Un tango de charogne sur une branche au cœur sec. Une lente mélopée, le premier pas dans une vague. Robustes corps tendus, qui se tiennent l'épaule par une poigne griffe. 

Tournoient.

Quand arrivés au summum de la tension, ils relâchent le tout et tournent l'œil vers l'au-delà. Pour d'autres pas encore.

Un tango assoiffé, qui ne cesse jamais et dont le rythme encore échoie au regard du borgne qui va là. Son trépas mis devant la sphère, unique obole. Sondant en son intime la valeur de ces lieux.

 

Dis-moi, vieillard, quand tu auras mon âge, que danseras-tu?

 

Lasse toi une chaîne autour de ton poignet, et couds le sur ma corde – otage de la mort. Chaque homme à son endroit. Réservation contrainte d'une fin servie propre, à ses dépens.

Lâche donc cet emplacement que tu juges trop vite comme t'appartenant, et viens lentement à mes côtés. C'est ici qu'est ta place. Bien longtemps qu'elle t’est due.

 

Le tango sans faiblir, marque les décennies et affirme effronté, sans l'ombre d'un frisson ce que seront les mânes dans quelques années.

Vautre toi près de moi, niche toi dans mes jupes et sois sage, attend. Il viendra, je t'en prie.

Danse.

Danse.

Vois l'habileté des pas, et l'ardeur insufflée dans le flegme d'un tango.

Par Ziell
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